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Pour les migrants, le respect des droits humains ici et là-bas, pour une vie digne. C’est maintenant ?


vendredi 21 juillet 2017

« Le devoir de l’Europe est d’offrir l’asile à ceux qui sont persécutés et demandent sa protection (…) Dans ce contexte, la France doit prendre sa juste part dans l’accueil des réfugiés. Elle doit délivrer des titres à tous ceux dont elle juge qu’ils ont droit à l’asile sur son territoire. »
Ainsi parlait le candidat Macron en plaçant l’idée d’une Europe solidaire au cœur de sa campagne présidentielle. Il avait précisé que « chaque étranger en situation régulière arrivant en France a droit à une formation linguistique suffisante pour atteindre un niveau qui permet la naturalisation ainsi que le bénéfice d’actions complémentaires d’intégration ». Il promettait également de simplifier les modalités d’accès au travail pour tous les étudiants titulaires d’un master en France et s’engageait à réduire à huit semaines le délai de traitement des demandes d’asile.
Devenu président, il a « appelé courant juin à la plus grande humanité » dans la gestion des migrants, et assuré que la réforme du droit d’asile faisait partie des « priorités du travail gouvernemental », avec comme autre volet celui de renforcer le corps de police des frontières européen et de s’attaquer « à la racine des causes de départ dans les pays d’accueil » en développant « des actions et des projets dans les principaux pays de départ et de transit des migrants ».
Or, en ce qui concerne l’accueil des migrants, l’espoir semble aujourd’hui douché face à la situation mise en exergue ces derniers temps à Calais et Paris. Et pour ce qui est de l’amélioration des conditions de vie dans les pays d’origine des migrants, ce n’est pas avec les 0,38% du budget de l’Etat (contre 0,70 promis en 1970) consacré à la solidarité internationale pour l’aide publique au développement que nous pourrons venir en aide aux pays les plus pauvres pour améliorer l’accès à l’eau et à la santé et réduire les inégalités pour une vie digne partout dans le monde.
Alors maintenant, il est grand temps, Monsieur le Président, de répondre à vos engagements par un plan d’action et un budget rectificatif car la question de l’accueil des migrants associé à l’aide au développement, sans moyens mis en œuvre en face, ce n’est que du bruit. Il vous faut aussi faire cesser, sans délais, notamment dans les vallées alpines frontalières de l’Italie, de traiter en délinquants les citoyen-ne-s qui agissent auprès des migrants en toute humanité, trop souvent en lieu et place de pouvoirs publics défaillants.
Car ce que nous attendons de l’Etat, c’est la réaffirmation de la tradition d’accueil de la France, dans le respect du droit d’asile et de la dignité en rappelant qu’en France nous avons accueilli très peu de migrants ces dernières années.
Et enfin, regardons autour de nous et souvenons-nous, comme l’ont encore montré des études récentes : les enfants ou petits-enfants d’immigrés font aujourd’hui partie du creuset et de l’âme de notre société et ne se situent pas dans des logiques de séparation. C’est donc un beau message et une belle fenêtre pour un projet d’avenir à construire que d’accueillir ceux qui viennent et d’aider là-bas pour que chacun puisse trouver une place sans générer des cortèges indignes de déplacés.
Oui, l’immigration a été et peut toujours être une chance pour la France. C’est donc aussi à vous d’agir, Monsieur le Président, ici et maintenant, au nom de ces valeurs de respect et de solidarité pour la grandeur de la France.



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