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Lectures solidaires de l’été - Café de l’Actualité


vendredi 11 octobre 2019, par Josette PINEAU, Myriam Heilbronn

Café de l'Actu octobre 2019 En cette période de rentrée, ce fut une bonne idée de proposer ce mercredi 2 octobre un Café de l’Actu sur le thème des lectures, solidaires et autres, de l’été. Nous étions 7 à échanger…
Lectures au sens le plus large, qu’il s’agisse d’écrits ou d’autres formes d’expression données à voir ou à entendre. En effet, notre cercle de participants proposait de rendre compte de romans, films, conférences, exposition artistique et analyse géopolitique d’une situation conflictuelle.

Marie José Jauze
Le film « Nous le peuple », qui a été programmé aux Cinoches, met en scène un groupe de personnes qui ne se connaissent pas et communiquent par messages vidéo. Ils ont en commun le projet d’écrire une nouvelle Constitution. Pendant près d’un an ils vont partager le bonheur et la difficulté de travailler ensemble. Personne ne tient compte de leur parole, mais cette aventure va les conduire jusqu’à l’Assemblée nationale.

Marie Anne Failliot Chichery
« Regain » et « Sérotonine », deux romans qui gagnent à être lus l’un après l’autre. « Regain » fait partie de la trilogie « Pan » de Jean Giono. Il conte la renaissance d’un village moribond qui, par un renversement de situation, se redresse. Il constitue une réflexion sur la question de partage et sur le fait que la Terre qui nous nourrit n’est la propriété de personne.
Avec « Sérotonine » au contraire c’est la fin d’une civilisation incapable de se reproduire. Le héros, en pleine dépression, se voit prescrire de la sérotonine, qui lui enlève tout désir, toute sexualité…

Maryvonne Mateu
A Digne les Bains, se trouve la maison natale d’Alexandra David Neel, franco-belge, née en 1868 et décédée à 101 ans. Cette maison qui se visite reproduit le style orientaliste dont s’est imprégnée cette femme libre, passionnée de la culture tibétaine, chanteuse d’opéra, journaliste, écrivaine et exploratrice française.

En 1924, elle fut la première femme d’origine européenne à se rendre à Lhassa et à séjourner au Tibet pendant plusieurs années, d’abord déguisée en mendiante, puis acceptée en tant que femme, périple qu’elle relate dans « Voyage d’une Parisienne à Lhassa ».
Une vie à la fois fantasque mais aussi engagée, un amour de la civilisation orientale qu’elle a cherché à faire partager jusqu’au bout de sa vie en recréant un cadre qui rappelait l’Orient dans sa maison de Digne où elle a fini ses jours en faisant partager ses connaissances jusqu’au bout de sa vie.

Jacques Picard
Le festival « Étonnants Voyageurs » qui se tient chaque année à Saint-Malo depuis 27 ans, propose du cinéma et de la littérature, dans le souci d’annoncer le monde qui vient. Parmi les films à l’affiche de cette édition 2019, trois dépeignent le combat pour la liberté d’expression, mené par des personnages tels que Alexandre Soljenitsyne, Liu Xao Bo, tous deux emprisonnés dans leur pays, ou par le peuple égyptien sur la place Tahrir et entrent dans la thématique du Mois des 3 Mondes de cette année. C’est ainsi que ces trois films seront programmés à cette occasion, notamment « Liu Xao Bo, l’homme qui a défié Pékin » en ouverture du Mois des 3 Mondes avec un débat avec Pierre Haski, journaliste à France Inter, déjà présent à Saint-Malo.

Bertrand Heilbronn
Nous a communiqué par écrit ses impressions d’une lecture de l’été ;
« C’est le premier roman de Shlomo Sand, plus connu comme historien et universitaire israélien. Dans son livre paru en 2008 « Comment le peuple juif fut inventé », il bousculait l’idée d’un « peuple juif » homogène, qui aurait été massivement chassé de sa terre, pour documenter les origines multiples des communautés de culture ou de religion juive dans le monde.
Mais La Mort du Khazar rouge est d’abord un vrai roman policier, avec ses cadavres, ses policiers et ses services secrets… et une intrigue qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final.
Ce livre a deux arrière-plans. Le premier est la société israélienne, sur laquelle Shlomo Sand porte un regard qui met en valeur sa diversité, un regard critique et bienveillant. Une bienveillance qui a aussi ses limites, notamment pour le milieu universitaire qu’il connaît bien et avec lequel il règle quelques comptes, et pour les révolutionnaires de pacotille manipulés par les services secrets.
Le deuxième est celui des recherches, très mal vues en Israël, sur le Khazar, cet ancien pays situé au sud de la Russie actuelle, qui se serait massivement converti au judaïsme et dont la plupart des juifs ashkénazes seraient issus. Une thèse que Shlomo Sand prouvait avec d’infinies précautions dans son premier livre, car elle remet en cause l’idée d’un simple « retour » des Juifs après des millénaires d’exil, et donc toute la conception suprémaciste de l’Etat d’Israël. Mais dans son roman, cette histoire prend sa place tout naturellement en toile de fond.
Un beau roman, donc, à la fois agréable à lire et révélateur de la société israélienne. »

Myriam Heilbronn
« Bakhita » est l’histoire de cette enfant enlevée dans son village, petite fille sans nom, vendue comme esclave, peu avant l’abolition de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par un consul italien puis confiée à une famille amie rentrant à Venise avant la première guerre mondiale, elle y découvre là aussi les misères d’une société inégalitaire. Affranchie à la suite d’un procès retentissant elle devient ensuite religieuse et a consacré sa vie à lutter contre la pauvreté auprès d’enfants notamment pendant les deux guerres mondiales. Elle est aujourd’hui canonisée et vénérée. Ce récit à peine romancé fait écho à ce qui se passe actuellement avec les migrations sub-sahariennes et la question de l’exploitation de femmes étrangères qui n’est autre que de l’esclavagisme « moderne ».
« Datazone » de Philippe Chancel est le recueil de son exposition-photos de grande qualité présentée cet été dans le cadre du festival de la photographie d’Arles. Cet ouvrage qui remémore cette exposition installée dans une belle église romane regroupe des photographies insolites, décalées par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir, des quartiers nord de Marseille aux conséquences du tsunami du Japon, en passant par des pays totalitaires comme en Corée du Nord ou enfermés comme en Palestine …A la lumière de son objectif, Philippe Chancel va au-delà du monde habituel et des scoops d’images éphémères pour nous montrer une réalité des « zones » bien différente de celle que l’actualité télévisée et les journaux à sensation nous donnent à voir et à graver dans nos mémoires au mépris d’une réalité plus riche et plus complexe qui fait lien et humanité.

Josette Pineau
Une sélection des « Nouvelles » de Tchekhov donne à voir une peinture d’une partie de la société russe, celle des petits bourgeois et de la classe paysanne de son époque. Des références à la France et à sa culture apparaissent, soit dans le sujet, soit dans les personnages.

Saliou Diallo
A parlé de la situation qui se dégrade et devient tragique en Afrique sub saharienne et notamment au Mali avec des conflits entre différentes catégories de populations : Une analyse de la situation au Sahel qui rend compte d’une progression de la guerre qui affecte maintenant les territoires du sud, avec de plus en plus de morts au sud Mali et au Burkina Faso. Peuls, Dogons, des peuples se font la guerre entre eux. La confiance n’existe plus entre les différents peuples. Pour la ramener, il faudrait une longue période de paix… Pris dans toute cette complexité, le gouvernement malien ne sait plus quoi faire. L’armée française, quant à elle, est devenue impopulaire du fait de l’insécurité qui règne et à laquelle elle ne peut remédier.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les documents ou évènements présentés, n’hésitez pas à nous contacter ou à joindre directement les « commentateurs… trices » cités dans ce compte rendu.
Liste des documents présentés :

- Filmographie :

Nous le peuple, de Claudine Bories et Patrice Chagnard,

Liu Xao Bo, l’homme qui a défié Pékin, d’Anthony Dufour

Tahrir, place de la libération, de Stefano Savona

Alexandre Soljenitsyne, le combat de l’homme, de Pierre-André Boutang et Annie Chevallay

Ces trois derniers dans le cadre du festival Etonnants Voyageurs : voir la programmation complète 2019 sur : https://www.etonnants-voyageurs.com/

- Bibliographie :

Regain, Jean Giono

Sérotonine, Michel Houellebecq

Voyage d’une Parisienne à Lhassa, Alexandra David Neel

Le grand art. Mœurs de théâtre, journal d’une actrice, Alexandra David Neel

La mort du Khazar rouge, Shlomo Sand

Bakhita, Véronique Olmi

Datazone, Philippe Chancel

Nouvelles, Anton Tchekhov











__________Ouvrages


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