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Agent orange, une bombe à retardement


dernière mise à jour : samedi 30 novembre 2019, par LDH 91

La rencontre commence par la présentation d’un documentaire intitulé « Agent orange, une bombe à retardement » réalisé par Thuy Tien Ho et Laurent Lindebrings
Le Vietnam sort enfin de la guerre le 30 avril 1975. Mais en partant, l’armée américaine laisse un poison invisible : la dioxine, une arme chimique puissante, connue sous le nom d’agent orange, qui a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation vietnamienne. Des millions de Vietnamiens, exposés à la dioxine, sont atteints de cancers ou de lourdes malformations. Le film apporte le témoignage de Vietnamiens empoisonnés par l’agent orange, de médecins vietnamiens qui les soignent mais aussi de vétérans américains, eux aussi victimes de ce poison, et d’experts américains.

Quelques données chiffrées sur la guerre du Vietnam , transmises par Alain Ruscio, historien spécialiste du Vietnam, sont ensuite rappelées. Entre 1965 et 1975, 3 millions de soldats américains sont envoyés sur le terrain, l’aviation américaine largue deux fois plus de bombes que la totalité de celles utilisées durant la Seconde guerre mondiale, 372 000 tonnes de napalm sans oublier l’utilisation systématique des défoliants et armes chimiques. Au nord du Vietnam, plus de 4000 communes sur 5778 ont connu des bombardements, sur les 30 capitales provinciales, 28 ont été atteintes, 3 000 écoles, 500 hôpitaux, des milliers d’habitations ont été détruits. Il y a demi-million de blessés de guerre dont 200 000 estropiés, 100 000 aveugles, 20 000 paraplégiques, un million de veuves, 950 000 orphelins.

Puis Madame Tran To Nga prend la parole. Elle raconte son parcours : après ses études de chimie à Hanoï, elle est envoyée au sud pour enseigner aux enfants. Elle emprunte alors la piste Hô Chi Minh. En 1965, elle devient journaliste pour l’Agence de presse de la libération. C’est à cette période qu’elle est intoxiquée par l’agent orange déversé par les avions militaires américains. Sa première fille, née en 1968, est atteinte d’une triple malformation du cœur due à l’exposition de sa mère à la dioxine. Elle décède à l’âge de 17 mois. Mme Nga devient ensuite agent de liaison, elle est arrêtée et torturée alors qu’elle est enceinte de 4 mois de sa deuxième fille. Cette deuxième enfant souffre d’une maladie du sang identique à celle de sa mère. Sa troisième fille souffre d’acné incurable. Mme Tran, elle-même, souffre de plusieurs maladies figurant dans la liste des pathologies liées à l’exposition à la dioxine. Elle dit sa souffrance d’avoir transmis ces maladies à ses enfants et petits-enfants.

Mme Tran parle des différentes tentatives pour faire reconnaître la responsabilité des firmes américaines ayant produit l’agent orange : plainte des vétérans américains qui seront indemnisés, plaintes déposées au États-Unis par les victimes vietnamiennes de l’agent orange qui seront, elles, déboutées à trois reprises. Puis elle aborde son propre procès contre une vingtaine de firmes chimiques américaines qui a débuté il y a plusieurs années. Ces firmes ont fait reporter le procès à maintes reprises. Quand la date des plaidoiries sera enfin fixée, le procès se déroulera au tribunal de grande instance d’Évry.







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